Baby blues ou dépression post-partum : comment les distinguer
Le baby blues est une baisse de moral passagère, très fréquente dans les jours qui suivent l'accouchement, qui disparaît d'elle-même en une quinzaine de jours. La dépression du post-partum est une maladie qui s'installe dans la durée et qui nécessite un accompagnement médical. Les deux peuvent commencer de la même façon : des larmes, de la fatigue, une impression de ne plus se reconnaître. Savoir les distinguer permet de ne pas laisser une souffrance s'installer en silence. Voici les repères essentiels pour faire la différence, et savoir quand demander de l'aide.
Qu'est-ce que le baby blues ?
Le baby blues est un état émotionnel transitoire qui survient généralement entre le deuxième et le cinquième jour après la naissance. Il se manifeste par des sautes d'humeur, des pleurs soudains, de l'irritabilité, une sensibilité exacerbée et un sentiment d'anxiété.
Il s'explique en grande partie par la chute brutale des hormones de grossesse après l'accouchement. Pendant la grossesse, la progestérone et les œstrogènes atteignent des taux très élevés : la progestérone agit comme un apaisant naturel, et les œstrogènes soutiennent la bonne humeur. Après la délivrance, ces taux s'effondrent en quelques jours. Ajoutez à cela la fatigue, le manque de sommeil et l'intensité émotionnelle de la rencontre avec votre bébé : le cocktail est puissant.
Le baby blues est fréquent, normal, et surtout passager. Il ne dure pas plus de quinze jours.
Qu'est-ce que la dépression du post-partum ?
La dépression du post-partum est une dépression qui survient dans l'année qui suit la naissance. Elle ne se résume pas à un « gros coup de fatigue » : c'est une condition sérieuse, qui se soigne, et qui demande un suivi par un professionnel de santé.
Elle peut apparaître juste après l'accouchement ou plusieurs semaines, voire plusieurs mois plus tard. Selon le rapport des « 1000 premiers jours », environ une femme sur sept serait en grande détresse au cours de la première année de vie de son enfant. Beaucoup n'osent pas en parler, par peur d'être jugées ou de passer pour une « mauvaise mère ».
Baby blues ou dépression du post-partum : comment faire la différence ?
Trois critères permettent de faire la différence : la durée, l'intensité et l'impact sur le quotidien.
La durée. Le baby blues dure quelques jours, quinze jours au maximum. Si la tristesse persiste au-delà de deux semaines, ou si elle apparaît plus tard, il faut envisager une dépression du post-partum.
L'intensité. Dans le baby blues, les émotions vont et viennent, avec de vrais moments de joie. Dans la dépression, la tristesse, le vide ou le désespoir deviennent envahissants et constants.
L'impact sur le quotidien et le lien avec bébé. Une dépression peut s'accompagner d'une perte d'intérêt pour tout, de troubles du sommeil même quand bébé dort, d'un sentiment de culpabilité écrasant, d'une difficulté à ressentir de l'attachement pour son enfant, ou d'idées noires.
Un outil simple existe pour faire le point : l'échelle EPDS (Edinburgh Postnatal Depression Scale), un questionnaire de dix questions utilisé par les professionnels de santé et accessible en auto-évaluation. Un score supérieur à 10 doit conduire à consulter rapidement un professionnel.
Quand faut-il demander de l'aide ?
Il n'y a pas de seuil à atteindre pour avoir le droit de demander de l'aide. Si vous vous sentez dépassée, n'attendez pas que cela « passe ».
Parlez-en sans attendre à votre sage-femme, à votre médecin généraliste, à votre gynécologue ou à votre pédiatre lors d'un rendez-vous de votre bébé. Ces professionnels sont formés pour vous écouter et vous orienter. Si vous avez des idées noires ou des pensées qui vous font peur, appelez le 3114, le numéro national de prévention du suicide, gratuit et joignable 24h/24, ou le 15 en cas d'urgence.
Demander de l'aide n'est pas un échec. C'est un acte de soin, pour vous et pour votre enfant.
Comment la sophrologie périnatale peut-elle accompagner le post-partum ?
La sophrologie ne remplace jamais une prise en charge médicale, et elle ne soigne pas une dépression. En revanche, elle peut accompagner les femmes dans les bouleversements du post-partum, en complément du suivi par les professionnels de santé.
La sophrologie est une méthode psychocorporelle qui utilise la respiration, la détente du corps et la visualisation pour aider à mieux vivre ses émotions. En post-partum, elle aide à :
retrouver un contact plus doux et plus positif avec son corps transformé ;
trouver de l'énergie ailleurs que dans le sommeil, quand les nuits sont hachées ;
apaiser l'anxiété et la peur de mal faire ;
accueillir la naissance de sa nouvelle identité de mère, à son rythme.
Dans la Méthode Paalma, une sophrologue spécialisée en périnatalité sait aussi repérer les signes qui nécessitent une orientation vers un médecin ou un psychologue. Elle travaille en lien avec le réseau de soins qui vous entoure.
Vous vous reconnaissez dans ces difficultés ? Vous pouvez prendre rendez-vous pour un accompagnement en sophrologie périnatale, en complément de votre suivi médical.
Les questions que se posent les jeunes mamans
Le baby blues touche-t-il toutes les mamans ?
Il est très fréquent, mais il ne touche pas toutes les femmes. Son absence comme sa présence sont normales. Ce qui compte, c'est qu'il reste passager.
Un baby blues peut-il se transformer en dépression du post-partum ?
Oui, cela peut arriver. Si la tristesse dure plus de deux semaines ou s'intensifie, parlez-en à un professionnel de santé sans attendre.
Combien de temps dure une dépression du post-partum ?
Sa durée varie d'une femme à l'autre. Prise en charge tôt, elle se soigne bien : c'est pourquoi il est important d'en parler dès les premiers signes.
Les pères et co-parents peuvent-ils être touchés ?
Oui. Les co-parents peuvent aussi traverser une dépression après une naissance. Les mêmes signes d'alerte et le même besoin d'en parler s'appliquent.
La sophrologie peut-elle remplacer un suivi psychologique ?
Non. La sophrologie est un accompagnement complémentaire du bien-être émotionnel. En cas de dépression, un suivi médical ou psychologique est indispensable.
En conclusion
Le baby blues est une vague passagère ; la dépression du post-partum est une tempête qui ne se traverse pas seule. Dans les deux cas, vos émotions sont légitimes et méritent d'être entendues. Vous êtes la meilleure mère pour votre enfant, et prendre soin de vous fait partie de prendre soin de lui.
Vous traversez un post-partum difficile et souhaitez être accompagnée ? Prenez rendez-vous pour un accompagnement en sophrologie périnatale avec Paalma, en complément de votre suivi médical.
Tiphaine Gueudré, sophrologue spécialisée en périnatalité, créatrice de la Méthode Paalma et formatrice de sophrologues.

